Friday, 12 October 2018

Un Témoin de Quarantième anniversaire de l’Institut Tshakapesh - Alisonomi

J’étais assis, avec mon antenne relevée comme pour capter les ondes de Radio Canada, dans un beau coin de ce siège d’enseignement de Sept-Îles. Certains diront même que j’étais assis plus comme on le fait pour capter le réseau cellulaire dans certains lieux de cette partie nord-est du Québec. C’était un soir d’automne. L’une de ces soirées automnales nord-côtières où la présence du soleil ne traduit pas forcement le degré de chaleur ressenti par le corps humain.
Entouré de beau monde, je me suis laissé égarer, dans mon esprit, comme j’aime, des fois, bien le faire. Et, avec ma caméra oculaire, je captais tout ce qui bougeait dans mon environnement. À quelques mètres de moi, dans un terrain à côté, courraient des hommes chemisés, les pantalons serrés, et sur la tête, des casques plus sécuritaires que celles que portent des motards qu’on croise, surtout en été, sur notre chère 138. Ils jouaient joyeusement, ignorant non seulement notre présence, mais peut-être aussi de l’histoire de cette résilience que nous soulignions
À l’intérieur de ce bâtiment académique se promenaient des belles dames et des jeunes hommes avec leurs plateaux d’amuse-gueules. Chacun d’eux, avec un délice spécial qui se faisaient consommer abondamment, non pas seulement parce qu’elles sont appétissantes, mais à cause de l’attitude agréable de ces serveurs et serveuses au sourire contagieux. Dans ce lieu se ressentait une ambiance fraternelle et cordiale et tous les participants, habillés en tenu genre black tie, s’échangeaient avec une facilité qui ne se ressente qu’autour de ceux qu’on aime.
Au fin fond de cet endroit de rassemblement se trouvaient des artistes et des artisans venant de Nutashkuan, Essipit, Unamen-Shipu, Ekuanitshit, Uashat-mak-Mani-Utenam et Matimekush-Lac John.
Chacun parlait de ses fabrications avec une religiosité qui n’est plus, malheureusement, observable que chez ce peuple de la terre. On y voyait de capteurs de rêves de toutes tailles et couleurs, de canots miniaturisés, de pantoufles avec toutes sortes de motifs, de peintures des différents personnages historiques de ces habitants de la toundra boréale, etc.
Pendant que je contemplais tous ces évènements, un appel nous fut lancé pour nous redire l’objectif d’une telle soirée magique. Et puis, « teuei-kan », « teuei-kan », « teuei-kan » a retenti le tambour traditionnel. Cet instrument sacré m’a heureusement déconnecté de mon monde d’idée, comme le train Tshiuetin le fait à tous les voyageurs à chaque fois que, prenant le chemin du nord, il s’éloigne de la ville de Sept-Îles. Et grâce à ce joueur de teueikan — tambour traditionnel —, je me suis reconnecté à mes frères et sœurs rassemblés pour célébrer ce qui fut les quarante années de développement d’innu-aimun — la langue innue.
Terminé le message du grand-père teueikan, des chefs et tous ceux et celles qui avaient des choses à dire à propos de ces années de combat et de recherche d’eshi-uinitishut auenl’identité innue —, à travers Innu-aimunla langue innueet innu-aitunla culture innue —, nous ont édifié avec leur message d’espoir et d’ashineunla fierté —. Ils nous ont réassurés qu’après ces années de travail, l’innu-aimun a encore E tananutune présence — dans la vie et la culture de ce peuple rieur. Ainsi fut mon impression à la soirée de quarantième anniversaire de l’Institut de Tskakapesh.

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