Saturday, 27 January 2018

Chimamanda, y-a-t-il des librairies au Nigeria?

 Journaliste française : Est-ce que vos livres sont lus au Nigeria ?
Chimamanda Ngozi Adichie : Oui
Journaliste française : Est-ce qu’il y a des librairies au Nigeria ?
Chimamanda Ngozi Adichie : Quoi ?
Journaliste française : Je demande parce que les Français ne connaissent pas. Ils ne connaissent rien d’autre du Nigeria sauf le Boko-Haram.
Chimamanda Ngozi Adichie : Bien, je pense que ça reflète mal des Français, de vous attendre poser une telle question.
Ce qui vient d’être cité est un extrait, comme je me le rappelle, d’une interview sur un plateau à Paris, hier, lors du lancement de « La Nuit des idées ».

Je ne m’attends pas qu’un Français sache presque tout sur le Nigeria. Je ne connais non plus tout sur la France. Mais être demandé de « dire aux Français qu’il y a des librairies au Nigeria parce qu’ils ne le savent pas » est une autre manière de me demander d’aborder une idée rétrogradée volontairement conçue - que l’Afrique est appart, pathologiquement « différente » qu’un non-Africain ne peut pas en faire une présupposition raisonnable sur la vie.
Je suis une écrivaine nigérienne qui a fait les premières parties de ses études au Nigeria. C’est raisonnable de penser qu’il y soit, au moins, une librairie, car mes livres y sont lus.
Si la question était « est-il difficile d’avoir accès aux livres ? » Ou « Est-ce que les livres sont peu dispendieux ? », il devrait être diffèrent, digne d’être discuté, juste.
Les livres sont en déclins dans le monde entier. Et c’est un bon sujet de discussion et lamentable, mais j’espère, en train de changer. Mais la question de « s’il y a des librairies au Nigeria » ne consistait pas en cela. C’était une manière de légitimer une crasse ignorance, délibérément formée pour une mauvaise raison sur l’Afrique. Et je n’ai aucune patience pour cela.   
Peut-être que les Français ne peuvent pas concevoir le Nigeria comme un lieu où l’on peut avoir une librairie. Et c’est en 2018, dans un monde branché et interconnecté. C’est honteux !
Cela dit, la journaliste, Caroline Broué était intelligente, réfléchie et bien préparée. Quand elle a posé cette question, je me suis posé des questions, car c’était très loin du registre intellectuel de ses autres questions raisonnables.
Je connais maintenant qu’elle cherchait à être ironique, à instruire en jouant l’ignorant, mais parce qu’elle n’avait pas encore montré aucune ironie jusqu’à ce temps-là, je ne l’ai pas reconnue. La sienne était une génuine, même si plate, essaie d’ironie et j’espère qu’elle ne serait pas publiquement crucifiée.
Parlant de librairies : Jazhole sur Awolowo Road à Ikoyi est ma préférée à Lagos. Et à Nsukka où j’ai grandi, j’ai des très belles mémoires des petites librairies empoussiérées au Marché d’Ogige, un qui appartenait à un très bon monsieur de mon village paternel appelé Joe, chez qui j’ai une fois acheté une copie cartonnée de « So Long A Letter ».
Mon oncle Sunday, le petit frère de ma maman, a vécu à Maiduguri pour plus de trente ans et avait une libraire là-bas. Quand il a, récemment, déménagé à l’Est, lorsque l’insécurité avait augmenté à Maiduguri, j’ai été touché par la perte de sa librairie.  
Translated from a Facebook Post of Chimamanda Ngozi Adichie, On Bookshops - not Libraries - in Nigeria, 26 january 2018,  

Ali C. Nnaemeka (mekaalison@gmail.com) ''The truth might be hard to say, painful to bear or even drastic for the truth sayer but still needed to be said''. ALISON.

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