Tuesday, 23 January 2018

À toi innushkuess : La lettre d’un grand frère à sa petite sœur

À toi nimisha – ma petite sœur, 
Toi, innushkuess – jeune fille innue,
À toi au cœur de tonnerre,
Toi qui brûle d’amour pour la terre mère.

Je me réjouis d’avoir écouté battre ton cœur de guerrière.
Je me rappelle encore comment profond était ton regard,
Te voir parler de ce petit feu qui brûle, ton jeune cœur a réveillé le mien trop endormi.  
Je m’écoutais dans ta voix qui parlait à mon cœur de rebelle.

Ces heures pendant lesquelles nous avons parlé ensemble étaient vraiment un moment magique.
Le temps avait arrêté son cours lorsque nous nous remémorions ce qui nous anime, 
car en tes paroles, je retrouvais cette lutte qui, dès mon jeune âge, me réveille même maintenant quand l’hiver bat son plein,
Je suis convaincu que tu n’es pas seulement une guerrière mais aussi une prophétesse.
Comment puis-je l’expliquer à toi qui déchiffre ces alphabets entremêlés pour exprimer toute un rêve de notre jeunesse?
Quel mot employé pour vous en parler? 
Comment je peux vous faire comprendre que cette révolution qui nous brûle le cœur n’est pas seulement un combat de nous autres – ninan mais aussi de nous et de vous – tshinanu ?
Quelle langue utiliserai-je pour vous rappeler l’urgence de notre revendication? 

Toi, nimisha – ma petite sœur, tu n’es pas seule dans ton combat pour la terre,
Ni dans ta lutte pour faire entendre ta voix.
En fait, ce n’est pas comme si on demandait l’impossible.
N’est-ce pas c’est juste qu’on arrête de saigner la terre mère et qu’on nous donne l’espace qui est le nôtre? 

À qui avons-nous demander de céder sa place pour nous? 
Qui nous accusera d’avoir dérobé ce qui lui appartient?
À qui avons-nous demandé de ne pas dire son opinion? 
Pourquoi n’aurons-nous pas le même respect? 

Toutefois, nimisha, ne laisse personne éteindre ce feu car il est sacré, 
Ne succombe surtout pas dans leur piège qui pousse certains humains à se tourner vers la violence.
Laisse brûler ce feu même si des fois, il brûle ton cœur de jeune fille.
Car la force d’une nomade, comme tu es, est sa résilience, c’est ça être innushkuess

Ali C. Nnaemeka (mekaalison@gmail.com) ''The truth might be hard to say, painful to bear or even drastic for the truth sayer but still needed to be said''. ALISON.

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