Tuesday, 14 September 2021

Dieu a envoyé son Fils non pas pour juger le monde — Jean 3, 13-17

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de La Croix Glorieuse. C’est une fête qui souligne la centralité de la croix de Jésus dans la vie chrétienne. C’est aussi une manière de proclamer la victoire de Jésus sur la mort à travers un objet de la mort. C’est tellement important car le message qu’on envoyait au monde en crucifiant publiquement une personne était : « méfiez-vous car ceci pourrait aussi vous arriver. »

Voilà pourquoi pour les premiers chrétiens, la Croix n’était pas du tout bien vue. En réalité, La Croix n’a été considérée comme un signe religieux qu’au 4e siècle. Mais avant le 4e siècle, elle était réservée uniquement aux plus grands criminels, les esclaves fugitifs, les déserteurs, et ceux qui dérangent, d’une manière significative, l’ordre public. C’était donc honteux pour les disciples de voir leur maître crucifier.

La glorification de La Croix aurait donc débuté avec Sainte Hélène, la mère de Constantine I. L’historien du 4e siècle, Gélase de Césarée nous dit que la vraie croix de Jésus aurait été découverte à Jérusalem où nous avons maintenant l’église du Saint Sépulture. C’est probablement grâce à cette découverte que Constantine I mettra fin à la crucifixion dans toutes les étendues de l’Empire Romain.

Pour cette fête, nous lisons de l’évangile de Jean 3, 13-17. C’est une continuation d’un échange entre Nicodème et Jésus. Nicodème était un notable juif qui avait beaucoup d’admiration pour Jésus, mais qui, par la peur de ses frères, ne visitait Jésus que la nuit. Pendant qu’il discutait avec lui, Jésus lui révèle un secret. Il lui annonce « qu’à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu ! » C’est la suite de cette discussion que nous lisons pour la fête d’aujourd’hui.

Jésus cherchait à expliquer à Nicodème comment il a appris ce qu’il lui explique. Il lui fait comprendre que tout ce qu’il lui dit est vrai parce qu’il l’a appris lui-même auprès de son père.

Pour bien comprendre ce passage, nous devons brièvement situer l’Évangile de John. C’est le dernier parmi les quatre évangiles. Il était écrit probablement entre 50 et 70 ans après la crucifixion de Jésus. C’était adressé probablement à une communauté expulsée à cause de leur croyance que Jésus est le Messie promis.

L’objectif de l’auteur était de démontrer que le Christ a été dès le commencement du monde :

« AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. » (Jean 1, 1.)

C’est en réalité ce que Jésus a annoncé à Nicodème dans l’évangile d’aujourd’hui :

« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. » (Jean 3, 13)

Pour la communauté de Jean comme pour nous aujourd’hui, l’évangile a un message très clair à annoncer. Ce Jésus de Nazareth est un Sauveur hors pair. Jean ensuite utilise une image connue de sa communauté. Il leur rappelle la très mauvaise expérience de leurs ancêtres dans le désert. C’était quand ils ont douté de la capacité de Dieu de tenir sa promesse, et ont commencé à récriminer contre Dieu et contre Moïse comme nous dit la première lecture d’aujourd’hui (Nb 21, 4 b -9.)

Jean réconforte donc sa communauté en disant que Dieu tiendra sa parole face à toutes sortes de difficultés qu’ils vivent dans leurs pays d’exil. Il leur dit explique que

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.

Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » (Jean 3, 13-15)

Autrement dit, Dieu n’est pas absent dans ce que la communauté (vous et moi) vit aujourd’hui. Il tient toujours sa parole, et comme il l’a fait pour le peuple juif dans le désert, il le fait encore aujourd’hui par Jésus, afin que tous ceux qui croient en lui soient sauvés.

Croyez-vous cela ? Moi, oui !

Friday, 10 September 2021

Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? — Luc 6, 39-42

Hier, nous avons constaté que Jésus ne s’adressait plus directement aux scribes et aux pharisiens, mais plutôt à ses disciples et à tous ceux qui le suivaient. Il leur a montré un chemin à suivre pour rester vrais et fidèles à leur engagement. Aujourd’hui, il va encore plus loin. Il les met en garde contre de faux leaders qui prétendent leur montrer le chemin, quand en réalité, ils ne connaissent même pas le chemin eux-mêmes. 

Dans cette lecture présentée sur forme de parabole, Jésus fait allusion aux pharisiens. Et quand il demande :

« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? »,

il prévient les disciples contre toutes tentatives de baisser leur garde ou de se laisser séduire par ces marchands d’illusions. 

Au moment que Luke écrivait ceci à sa communauté, ses membres, dispersées à cause de la persécution dans plusieurs contrées de l’Empire romain, faisaient face aux pseudo-enseignements, et toute sorte de spiritualité. Luke s’est donc inspiré des enseignements de Jésus pour leur rappeler la nécessité de fixer les yeux sur l’essentiel. Ils devraient savoir que personne ne peut offrir ce qu’il n’a pas. Et qu’un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle. Ces enseignants des fausses doctrines, ces marchands des illusions, ceux qui promettent d’autres chemins que celui de Jésus, dit Luke à sa communauté, sont des aveugles. 

Et que personne ne les trompe avec l’idée de pouvoir se réinventer sans avoir de bons enseignements, car, poursuit-il, aucun disciple n’est au-dessus de son maître. En revanche, s’ils sont bien formés par le Christ lui-même, ils seront chacun comme le maître — le Christ. 

En plus, Luke fait suite à son enseignement d’hier. Il leur rappelle que la seule façon de prouver leur attachement au Christ, c’est de montrer qu’il y a de bonnes valeurs dans le chemin de la vérité. C’est par les exemples, et non pas en se mettant comme juges des autres qu’ils leur communiqueront l’amour de Dieu. 

Autrement dit, les chrétiens ou encore tous ceux qui suivent le chemin de la vérité sont appelés à témoigner de l’amour de Dieu grâce à des gestes quotidiens. Ils ne sont ni juges ni guetteurs cherchant toujours à trouver des erreurs chez les autres. Leur appel constitue à être des témoins audacieux de la bonne nouvelle. Ils ont un maître qui est le chemin, la vérité, et la vie, et que simplement, en suivant le chemin de la vérité, ils vivront bien. 

Sunday, 28 February 2021

Les Noirs de la Côte-Nord : Les travailleurs essentiels

Depuis maintenant 12 mois, notre monde traverse le pire moment de sa plus récente histoire. Nos voyages, nos activités sociales de même que la réalisation de certains de nos rêves et aspirations ont été mis sur pause avec l’apparition de la maladie à coronavirus.

Ce virus sournois est subitement apparu dans nos vies et sa propagation a pris de l’ampleur avec le temps. D’une maladie endémique, il est passé rapidement à une pandémie mondiale. À ce jour, on compte plus de 2.5 millions de personnes à travers le monde qui sont décédées des suites de la COVID-19.  Le Canada, que certains auraient pu croire à l’abri, a été lui aussi frappé de plein fouet. Environ 22 000 citoyens canadiens, dont environ 10 000 Québécois, ont succombé à ce virulent virus.

Heureusement notre région, la Côte-Nord, demeure toujours relativement épargnée. Les efforts de nos concitoyens dans l’application des mesures sanitaires et la vigilance et le courage des travailleurs essentiels contribuent à notre succès. Nous avons vu plusieurs de nos amis, de nos collègues ou des membres de notre famille s’investir dans le combat pour l’éradication de cette maladie. Ces vaillantes personnes l’ont fait en connaissant les risques que cela impliquait pour leur propre santé. Elles l’ont fait et elles continuent de le faire pour assurer la santé et la sécurité des autres. Nous sommes debout aujourd’hui parce qu’elles n’ont pas fléchi. Si nous pouvons espérer un retour à une vie plus normale dans un avenir proche, c’est grâce à leurs sacrifices.

Les Noirs de la Côte-Nord: Victorine Bella Mbeng par Vicky

Victorine Bella Mbeng a quitté́ son pays natal le Gabon pour la première fois en 1990 pour rejoindre la France où elle a vécu 6 ans. Elle y fit une partie de ses études secondaires. C’était six années de découverte de la diversité, et elle en parle aujourd’hui encore avec beaucoup de joie. Elle se souvient que c’est en France qu’elle a commencé à s’intéresser aux différentes cultures et à l’histoire des personnes autour d’elle.
Elle retourna au Gabon en 1996 compléter son cursus et obtint son baccalauréat en 1999. Une fois de plus elle plia bagage cette fois-ci destination le Sénégal pour des études universitaires. Elle obtint une maîtrise en droit des affaires. À Dakar étudiante elle a commencé́ à travailler dans le service à la clientèle via la télé marketing, enduite comme assistante commerciale chez un promoteur immobilier avant d’intégrer une structure qui œuvre dans la microfinance en tant qu’auditrice.
Après plusieurs belles années à Dakar elle plie son bagage de nouveau pour le Canada, précisément au Québec. En décembre 2012 Bella atterrit à Montréal Trudeau pour commencer sa nouvelle vie la tête pleine de rêves...
Dans la ville de Québec, Bella commença à travailler chez Desjardins, ensuite, chez Target et fit la connaissance d’un Nord-Côtier pour lequel elle quitta la ville de Québec pour rejoindre la Côte-Nord à Havre-Saint-Pierre.
Elle est employée de la commission scolaire de la Moyenne-Côte-Nord et est heureuse de sa vie de nord-côtière. Son conjoint, la nature, la tranquillité, l’hospitalité, et la bonne qualité de vie à Havre-Saint-Pierre comblent Bella de bonheur malgré l’éloignement avec sa famille. Elle se sent très bien sur la Côte-Nord, car cette région d’adoption est aujourd’hui chez elle.
 

Saturday, 27 February 2021

Les Noirs de la Côte-Nord: Djaval Habel-Thurton par D. HT

Arrivé sur la Côte-Nord début 2019, Djavan Habel-Thurton ne croyait pas si rapidement adopter sa nouvelle région. 
Alors qu’il est né et a grandi à Montréal, Djavan est maintenant journaliste pour Radio-Canada au bureau de Sept-Îles, pour la télévision, la radio et le web. Son emploi, mais aussi sa volonté de connaître sa nouvelle région lui a cependant permis de rapidement découvrir d’autres recoins de la Côte-Nord. 
Le père de Djavan est originaire de Trinidad et Tobago, dans les Caraïbes et sa mère d’un petit village agricole dans le Centre-du-Québec. Deux cultures qu’il porte fièrement. 
Après avoir complété un baccalauréat en commerce à l’Université McGill, la passion de Djavan Habel-Thurton pour l’actualité, les enjeux de sociétés et la communication l’ont mené au D.E.S.S. en journalisme de l’Université de Montréal. Avant la pandémie, il a d’ailleurs offert des formations de débat à des élèves de l’École Secondaire Manikoutai. 
Durant ses études, Djavan a été très actif dans les concours de débat et d’art oratoire, où il s’est démarqué en remportant des compétitions au pays et à l’international. 
Après sa graduation, il s’est joint à la salle de rédaction de Radio-Canada à Montréal en tant que journaliste aux plateformes web. 
Djavan a ensuite décidé de prendre le chemin de la Côte-Nord, où une opportunité professionnelle s’est présentée, mais où il n’avait jamais mis les pieds. Les nombreuses rencontres que lui permet son emploi ont contribué à lui faire découvrir la Côte-Nord, la grande diversité des personnes qui occupe son territoire et les passions qui les animent. 
Rapidement le rythme de vie nord-côtier a énormément plu à Djavan. Grâce à de nombreux amis qu'il s'est faits dans la région, il a découvert le plaisir de la chasse et de la pêche, activités qu’il allie maintenant à sa passion pour la cuisine
Pour le Mois de l’histoire des Noirs Côte-Nord