Sunday, 23 February 2020

Au Font Baptismal by Alisonomi

Il y a un temps pour naître 

Et un temps pour mourir 

Mais il y a encore un autre temps 

Oscillant invisiblement entre les deux 

 

C’est un temps d’union mystique 

Où l’âme s’unit avec son créateur 

Une expérience de fois banalisée 

Pourtant d’une profonde mutation 

Qui transforme l’humain en divin 

 

C’est le temps de notre baptême 

Un moment remplit de gestes rituels 

Et des symboles et signes religieux 

Qui enferment autant de mystères 

Facilitant une vraie transformation 

 

Le symbole de l’eau qui donne la vie 

Celui de l’huile assurant la présence divine 

La bougie, symbole de la résurrection 

L’habit blanc symbolisant la pureté 

Tous confirmés par le signe de la croix 


©Alisonomi2020

Friday, 21 February 2020

Mea culpa, mea maxima culpa Chère Amazonie

L’année passée, le Pape François avait convoqué un synode pour réfléchir[1] sur la situation de l’Église locale des diocèses d’Amazonie. Et en toute humilité, il a voulu inclure l’Église universelle dans cette réflexion. Mais ce que le Pape aurait peut-être ignoré c’est que l’égoïsme a longtemps été christianisé dans nos sociétés. 

C’est ainsi que les mois qui ont précédé ce synode furent un moment d’épreuve pour la papauté de François. Dans divers milieux ecclésiaux se sont levées toutes sortes de spéculations sur les objectifs du pape François. Et pendant que certains voyaient cela du bon œil, d’autres prenaient cela comme un affront à l’Église. Ainsi chacun des camps se sont mis à se lancer la balle, ne se demandant pas ce que le Seigneur veut réellement pour l’Amazonie. 

Et quand le temps du synode fut finalement arrivé, le ciel s’est déchaîné, devenant une guerre des clans. Les progressistes ainsi que les conservateurs, oubliant le peuple d’Amazonie se sont lancés dans la politique d’influence. Le camp des conservateurs[2] s’est même permis de traiter le peuple d’Amazonie de sauvages. Quelques prêtres ainsi que des laïcs twitteurs les ont pris en assaut en leur demandant de retourner dans la forêt. Ils se sont même pris à leur spiritualité[3].

Et lorsque ces « plus catholique que le Pape » bafouaient les simples règles de respect, les autres jouaient une dangereuse carte de paternalisme. Certaines Églises plus progressistes se présentaient comme les défenseurs des Amazoniens. Ces derniers se passaient comme soutenant le projet du Pape François, alors qu’ils avaient évidemment leurs propres projets. 

Ensuite, quelques jours avant la sortie du texte final de ce synode presque saboté, le pire était arrivé. Des théologiens et quelques autres figures emblématiques romaines sont encore allées plus loin afin d’asphyxier complètement le Synode sur l’Amazonie[4].

Aujourd’hui, beaucoup en veulent au Pape François de n’avoir pas donné au peuple d’Amazonie l’occasion de faire leur propre expérience de l’Évangile. Or, nous avons tous laissé notre égoïsme voler la seule chance qui leur a été offerte de faire leur propre expérience de Dieu. 

Les conservateurs par leur manque d’empathie ont oublié que le peuple amazonien ne veut pas une forme inférieure du sacerdoce. Ils ne veulent peut-être qu’un modèle qui tient compte de leur identité et réalité. 

Et les progressistes ont aussi péché grandement par leurs intentions cachées de se servir du synode d’Amazonie pour promouvoir leurs propres projets. Aujourd’hui, je vois les gens qui considèrent le texte du Pape François comme un instrument destiné à leurs propres Églises[5]. Pour ces derniers, l’échec du synode sur l’Amazonie n’est pas lié au fait que tous ensemble nous avons ruiné un projet divin qui aurait permis à ce peuple de faire leur propre expérience de Dieu, mais le fait que cela ne nous est pas permis de concrétiser nos propres intérêts[6]

Donc, à chaque fois qu’il vous arrive de penser que le document du Pape François, « Chère Amazonie » est une occasion pour votre Église locale de se réinventer[7], ou d’inventer une nouvelle forme de vie religieuse[8] ou un autre modèle de sacerdoce[9], faites un « mea culpa ». À chaque fois que vous vous dites d’avoir sauvé l’Église de la main d’un groupe voulant la corrompre, faites un « mea culpa », car cela est la preuve que nos amours-propres ont eu les derniers mots sur la seule occasion que ce peuple qui ne s’est jamais opposé aux différents développements que nos Églises locales ont connus. La réussite ou l’échec de ce dernier synode devrait nous interpeller collectivement, car une fois de plus, nous avons échoué de mettre à côté notre égoïsme.



[1] Nicolas Senèze, « Querida Amazonia », fruit d’une longue réflexion du pape François », 12 février 2020. 

[2] Edouard Husson, 6 octobre, sur le site Atlantico

[3] Synode sur l'Amazonie : le cardinal Müller dénonce l'Instrumentum Laboris”, Article rédigé par Le blog de Jeanne Smits, le 19 juillet 2019

[4] R. Cardinal SarahFrom the Depths of Our Hearts, 2020 

[5] Christophe Henning, Querida Amazonia : « Le pape François nous invite à inventer »

[6] François et le schisme d’Allemagne, Chronique d’un cauchemar, un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso

[7] Christophe Henning, Synode sur l’Amazonie, les évêques veulent donner plus de pouvoir aux femmes, 24/10/20

[8] Jamie Manson, Jamie Manson, in “Querida Amazonia”, Francis' sacramental imagination stops short of women in NCR Site, Column Grace on the Margins, Feb 18, 2020

[9] Claire Lesegretain, Le Synode sur l’Amazonie ouvrira-t-il la porte au diaconat féminin? 25 Octobre 2019

Thursday, 13 February 2020

Un Innu de peu de Mots by Alisonomi

Mon peuple a un drôle d’idée 

Il dit que ce qu’un aîné voit assis

Un jeune aurait du mal à le percevoir 

Même grimpé sur un grand baobab


Au début, j’avais vraiment du mal à y croire

Car j’étais trop jeune pour le comprendre 

Et je me disais que celui qui a plus voyagé 

Avais toujours plus d’histoires à raconter 


Mais le coeur a toujours ses raisons

Que la raison ne connaît souvent point

Vue que l’expérience est le meilleur maître 

Mais aujourd’hui je ne m’en doute plus


Car j’ai rencontré des personnes exceptionnelles 

Qui sont des hommes et des femmes très ordinaires 

Mais qui détiennent les plus fins savoirs

Ne parlant que peu mais toujours disant tant de choses 


Voici l’un des ces perles très rares de mon monde 

Un aîné qui valide un axiome très ancien 

Qu’une action vaut réellement  mille mots

Shakani qu’il s’appelle cet innu de peu de mots 

Tuesday, 11 February 2020

Un Soir de BlackOut à Schefferville by Alisonomi

Un soir de black-out 
Ou d’un vrai knock-out 
Dans cette ville du Nord 
Où tout est extrêmement fort 
Et le froid armé d’un dent d’acier 
Se passe pour un merchant agencier 

Ainsi, il faut de la vraie sagacité 
Pour comprendre la nordicité 
Surtout les jours où l’électricité 
Montre à tous son inefficacité 
En prenant un congé non mérité 
Mettant en épreuve notre témérité 

Alors certains se plaignent de l’ennui 
Et d’autres cherchent à défier la nuit 
Mais même si les resources sont peu 
Les moyens ne manquent pas à qui veut 
Surtout si on est né dans ce grand nord 
Ou du moins qu’on y vit ou qu’on l’adore 

C’est connu qu’au Nord on n’est jamais idiot 
Sauf si on veut vraiment à la vie dire adieu 
Et même face à toute incertitude du jour 
On invente toujours une forme d’abat-jours 
Pour montrer à la dépression un doigt d’honneur 
En se reparlant qu’on est fait en dur par le créateur

©Alisonomi2020

Sunday, 9 February 2020

Bahkita, l’Étoile du Soudan by Alisonomi

ookpSalue, toi l’étoile Soudanaise

Toi qu’on appela la fortunée

Comme si tu avais le choix

 

Née au sud de ta chère patrie, le Soudan

Où avec ta fratrie tu vivais librement

Avant que le malheur ne frappe à la porte 

 

À peine neuf ans ils t’ont cueilli à froid 

T’arrachant de ton immense terre sacrée

Et si tôt commença ton chemin de croix

 

Plusieurs fois tu passas d’une main à l’autre

Vendue et revendue sur ton chemin d’exil

Suivant ton étoile jusqu’à ta terre d’accueil

 

Et tout au long de ton chemin tortueux

Tu gardais ton silence écoutant la voix

Qui continuait de chanter au réveil de la lune

 

Même traversée la mer méditerranéenne

Tu n’as pas oublié la terre de ton enfance

Ni la leçon de vigilance apprise des guépards

 

En esclavage, tu étais toujours libre d’esprit

Défiant ta peur en brave Haliaeetus vocifer

Mais sans jamais t’éloigner de ton créateur

 

Dans ce pays d’exil, tout t’est apparu nouveau

La lune de ton enfance ainsi que les étoiles

T’ont fait redécouvrir le visage du Créateur

 

Et dorénavant ton désir n’était plus qu’un

Celui de rencontrer ce maître merveilleux

Pour lui rendre librement ton hommage

 

Par la providence de ce nouveau maître

Tu retrouvas la liberté qu’ils t’ont volée si jeune

Et tu ne pouvais plus te confier à un autre

 

Ainsi commença ta nouvelle identité

Celle de libre épouse chérie du Christ

Religieuse des sœurs Canossiennes

 

Dans ta vie religieuse, tu t’es dévouée à fond

Servant ton créateur par la vie de service et de prière

Traitant tous les visiteurs comme des vrais anges

 

Aimée de tous tu leur rappelais souvent :

Soyez toujours bons, et aimez le Seigneur

Priez pour tous et faites connaître la grâce de Dieu.

 

Aujourd’hui tu es maintenant une étoile divine

Sainte Bahkita l’aimée d’un Dieu libre et bon

La digne avocate des esclaves de circonstance

©Alisonomi2020