Monday, 5 June 2017

Innu: Ton Peuple Sera Mon Peuple Et Ton Dieu Mon Dieu

« Ruth répondit: Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j`irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. » Ruth 1,16.


Prendre la parole ici aujourd'hui n’est pas seulement, pour moi, un honneur mais un privilège. C’est autant plus signifiant, pour moi aujourd'hui étant donné qu’il y a 50 ans ce jour-même, un 30 Mai, 1967, mon peuple a décidé de prendre son destin en main. Une démarche qui a conduit à une guerre civile qui a duré plus de trois ans, précipitant plus d’un million des pauvres gens à une mort précoce. Aujourd'hui, après 50 ans, on n’a pas encore fini de pleurer des morts et le fossé culturel créé par ce type de dialogue des sourds.
Vous pouvez donc imaginer ma joie de constater, à mon arrivée au Canada, il y a trois ans, que les gens d’ici ont accepté de mettre fin à l’histoire malheureuse des rencontres entre les peuples de la Première Nation et les restes des Canadiens. 
En réalité, je ne savais pas ce à quoi je m’attendais à mon arrivé dans le territoire innu. Mais ce que je peux vous affirmer et que je n’ai cesserais jamais de crier très haut est que mon contact avec le peuple innu m’a transformé non seulement d’une manière socio-spirituelle mais aussi psycho-anthropologique.
Depuis, que j’ai découvert la beauté de ce peuple au cœur d’or, j’ai appris que l’humanité est une. J’ai appris aussi que nous sommes tous innus, c’est-a-dire des êtres humains. Et depuis, qu’ils m’ont adopté comme l’un d’eux, j’ai cessé de me voir comme étranger, comme un Igbo du Nigérian dans un territoire innu. Dorénavant, je fais partir du « tshinanu » – de nous autres. La joie du peuple innu, est désormais ma joie et leur préoccupation la mienne.
Dans un témoignage que j’ai donné récemment sur mon engagement auprès du peuple innu, je disais que depuis que je me suis engagé dans ce milieu, ma relation avec le cosmos a beaucoup évoluée. J’ai retrouvé le sens caché de la nature. Les lacs et les forêts sont devenus pour moi, non plus seulement des masses d’eau et des tas d’arbre mais, des créations merveilleuses de Dieu. Je ne les vois plus comme des commodités mais comme des créations ayant aussi le droit d’être respectées. Bref, j’ai commencé à rencontrer Dieu, non seulement à l'église mais aussi à travers d’autres créations de Dieu, tels que l’être humain ainsi que les arbres, des masses d’eau et des animaux. J’ai aussi redécouvert ma langue maternelle à travers la langue innue.
Ce moment de partage, me donne donc l’occasion d’inviter tous ceux qui le peuvent de franchir leur peur et toute autre barrière qui les restreint à aller à la rencontre de l’Autre. Je suis un exemple vivant de ce type de dépassement et mon expérience me fait croire que ça peut être le cas de chacun de nous.
Et pour terminer, je peux désormais presque même affirmé comme Ruth l’a fait dans le livre de Ruth 1 ,16 : « Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j`irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. »
 Ali C. Nnaemeka (mekaalison@gmail.com) ''The truth might be hard to say, painful to bear or even drastic for the truth sayer but still needed to be said''. ALISON.

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