Thursday, 13 September 2012

Je me suis retrouvé à l’Office Chrétien des Personnes Handicapées et de leurs familles (OCH) de Lourdes by Alison

J’aime l’aventure et je me laisse toujours emporter par cette passion qui m’a toujours apporté le bonheur. Il y a deux ans, en fuyant de moi-même, en cherchant un lieu où je pourrai respirer un air différent de celui dont mes premiers mois en Europe m’ont d’abord offert, je me suis retrouvé dans une communauté qui ne m’a pas laissé indifférent. Cette aventure qui a eu lieu en Décembre de 2010 en Italie (Loppiano), m’a fait découvrir le Mouvement des Focolari, un groupe qui répond nettement à une vision du monde que j’ai toujours cherché. 
Cette année par contre, l’aventure, et non pas la Providence, car de cette dernière, je ne comprends pas encore grande chose, m’a amené à Lourdes, France. La seule différence entre mon aventure de Lourdes et celle de Loppiano est que j’ai choisi d’aller à Loppiano alors que pour celle de Lourdes c’était un choix de ma communauté.
Cette dernière, disons qui est le Scolasticat International Romain, envoie toujours des scolastiques au Service-Jeunes de Notre-Dame de Lourdes pour donner leur soutien et cette année, j’ai été désigné. En réalité, si j’avais pu choisir où je voulais passer ces vacances d’été, j’aurais bien aimé aller approfondir l’Espagnol, mais comme la communauté en a décidé autrement, je me suis laissé faire et c’est comme ça que je me suis retrouvé à Lourdes du 2 au 23 Juillet de cette année.
A la première rencontre qui a eu lieu pour les bénévoles de cette session dont je faisais parti, j’étais émerveillé d’écouter les motivations des autres jeunes. Certains qui avaient déjà fait cette expérience voulaient la revivre alors que d’autres exprimaient leur désir de vivre quelque chose d’extraordinaire. J’étais obligé de ne pas scandaliser ces jeunes en leur faisant croire que je suis venu de mon  plein gré. Mais en réalité, c’est parce que cela faisait partie de ma formation.
Même si je n’avais pas choisi d’y aller, j’étais motivé d’aller en avant par la force de ces jeunes tant enthousiasmés. Toutefois, mon aventure libératrice n’a commencé que quand nous sommes allés à l’OCH et surtout quand j’ai exprimé ma peur vis-à-vis des personnes malades et handicapées.  Je me souviens très bien de l’accueil qui nous a été offert par l’équipe de l’OCH. Ces derniers m’ont lancé un défi, en me faisant comprendre que ma peur n’était qu’une illusion. Le défi consistait en ce que je fasse une expérience à l’OCH, pour voir si réellement mes inquiétudes étaient justifiables ou juste la peur de l’inconnu. Ayant reçu le premier jour une initiation à la première approche des personnes malades et handicapées, je n’ai fait aucune promesse d’y retourner, tout en me disant au fond de moi-même qu’il me faut profiter de cette occasion pour découvrir ce monde qui m’est toujours resté inconnu.
La première fois que le Service-Jeunes nous a proposé d’aller aider à l’OCH, je n’ai pas hésité de m’inscrire dans le groupe. Le premier jour, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes touchées par le handicap, qui m’ont franchement libéré. Je ne citerai que quelques-unes d’entre elles. La voix angélique et une attention incroyable de Camille, devenue aveugle après plus de 30 ans, la capacité et l’amour du service de Marc, les conseils et la capacité d’écoute de Monique, pédiatre atteint d’une maladie dégénérative après 25 ans de service en qualité de Médecine, la joie et le talent artistique de Bruno et la capacité d’animation de Didier, pour ne citer que ceux-ci, m’ont franchement fait comprendre mieux les paroles de Jean Vanier : « Je crois dans l’importance de chaque personne, quels que soit ses limites, sa pauvreté ou ses dons. Il y a un sens à la vie de chacun, même si on ne le voit pas. Je crois dans l’histoire sacrée de chaque personne, dans sa beauté et sa valeur »[1].  Je dois confesser qu’avant de les rencontrer, je ne voyais dans les personnes malades, et surtout, dans les personnes handicapées que le problème, l’incapacité, la faiblesse et la limitation de la création divine.
Ils me faisaient révolter passivement contre ce Bon Dieu que je croyais incapable de faire toute bonne chose. Mais cette aventure de Lourdes  m’a vraiment fait voir que Dieu ne se trompe jamais mais seulement qu’il équipe chacun diversement. Il fait ou laisse certaines personnes apparemment handicapées ou physiquement inapte mais il n’oublie pas de les équiper d’une capacité incroyable, d’une bonté hors du commun et d’une âme assez aussi grande que le monde, pour utiliser une expression chère aux Missionnaires Oblats de Marie Immaculée.
La vie à l’OCH est faite de telle sorte que parfois, au lieu d’aider les personnes handicapées, les novices dans ce domaine, comme moi, se font aider. J’étais d’abord étonné de comprendre que la première exigence pour les bénévoles, est d’avoir un cœur qui sait aimer et capable d’écouter. En réalité, on n’a pratiquement besoin de rien d’autre que la capacité d’aimer pour y travailler. Les personnes handicapées, contrairement à ce que je croyais, ont une capacité incroyable d’aimer. Elles n’ont besoin que d’être aimé en retour, comme tout le monde. Et c’est ce que j’ai fait pendant mon séjour à Lourdes. J’ai appris à aimer tout le monde et voir ce don caché dans chaque individu. J’ai aussi appris que le plus grand cadeau que nous puissions faire à l’autre est de lui faire découvrir ou valoriser cette humanité sacrée en lui.
A la fin de mon séjour à Lourdes, et surtout à la fin de mon passage à l’OCH, je savais que je devrais repartir dans ma communauté avec cet amour que j’ai découvert, mais comme toute séparation, je sentais la tristesse de laisser toutes ces personnes qui m’ont fait découvrir cet aspect merveilleux de mon existence. A la fin, j’ai découvert que chaque individu, indépendamment de ses limites, a une histoire sacrée qui complète notre existence. Voilà pourquoi je m’étais retrouvé à l’OCH de Lourdes.
Ali Nnaemeka Cornelius – Août 2012


[1] Jean Vanier, lettre à des amis, Ed. Livre Ouvert, Mesnil Saint-Loup, 2008, p. 48.


''The truth might be hard to say, painful to bear or even drastic for the truth sayer but still needed to be said''. ALISON.

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