Tuesday, 20 June 2017

DECLARATION OF THE BISHOPS OF CAMEROON : Following the tragic death of His Exc. Mgr Jean Marie Benoît BALA, Bishop of Bafia

The Bishops of Cameroon met in an extraordinary General Assembly at the headquarters of the National Episcopal Conference in Mvolyé, Yaoundé, on Tuesday, June 13 2017. At the end of this assembly, the Bishops made the following declarations:

1. The Catholic Church in Cameroon is going through a difficult and delicate moment in its history and mission. Indeed, on the morning of Wednesday, May 31, 2017, the car of His Lordship, Bishop Jean Marie Benoît BALA, Bishop of Bafia, was in an abnormal parking position on the Bridge over Sanaga River, at Ebebda, in the direction of Bafia. The Bishop was said to be missing.
2. As soon as the disappearance of the Bishop was made public, civil, religious and administrative authorities went down to the scene. Following the indication of a strange found in the front seat of the car, next to his identity card and personal documents, the Fire brigade was ordered to search the body of the bishop in the river. The search continued till the morning of June 2, 2017 when the corpse of the Bishop was found by a fisherman few kilometres from the Ebebda bridge at a place called Tsang. The corpse was brought to the bank of the river by the elements of the defense force. The corpse was identified by His Excellency, Archbishop Piero Pieppo, Apostolic Nuncio to Cameroon, Archbishop Samuel Kleda, President of the National Episcopal Conference of Cameroon, and Archbishop Jean Mbarga of Yaoundé, in the presence of civil and administrative authorities, including the Governor of Central Region. The mortal remains were taken to Yaoundé General Hospital.
3. On Saturday, June 3, 2017, a death notice and a message of condolence were addressed to the faithful of the Diocese of Bafia and to the natural family of the deceased Bishop by the President of the National Episcopal Conference of Cameroon and the Archbishop of Yaoundé.
4. Up to this moment, the corpse is still under the custody of the judicial authorities who are investigating the circumstances, the exact cause and the perpetrator of this heinous and inadmissible crime.
 5. The tragic death of Bishop Jean Marie Benoît BALA has shocked and upset the People of God, all Cameroonians and international opinion. From the initial findings, we the Bishops of Cameroon, affirm that His lordship Jean Marie Benoît BALA did not commit suicide; he was brutally assassinated. This is one more murder, and one far too much.
6. We recall with sadness the murder of several pther prelates, members of clergy and consecrated persons, whose assassination, under similar circumstances, has never been explained up to this dau. We are thinking of his grace Archbishop Yves PLUMEY (Ngaoundéré - 1991), Rev. Father Joseph MBASSI (Yaoundé - 1988), Rev. Father Antony FONTEGH (Kumbo-1990), Rev. Sisters of Djoum (in 1992), Rev. Father Engelbert MVENG, just to name a few.
We strongly feel that the clergy in Cameroon are particularly persecuted by some obscure and devilish forces.
To the State of Cameroon,
7. We the The Bishops demand
- That all the circumstances and the motives of the assassination of the Bishop Bishop Jean Marie Benoît BALA be clarified and be made known.
- That the culprits be identified by name and be brought before the law in order that justice may take its course.
- That the State should assume its bounden duty of protecting human life and particularly the lives of the ecclesiastical Authorities. to protect human life, especially the ecclesiastical authorities.
- The Bishops also expect and await the official conclusion of the investigations.
 To the murderers,
The Bishops are praying for them and demand that they embark on a process of urgent and radical conversion.
To media men and women and users of social network:
8. The Bishops demand that they renounce falsehood, defamation and calumny. On the other hand, they recommend the respect for human dignity, truth, sense of decency, and discernment in the treatment of information
To all those who collaborated in the search of the missing Bishop, To all the population of Ebebda amd its suroundings: 
9. The Bishops thank them for sparing no effort in the search for the mortal remains of the Bishop, even at the risk of their own life.
To the faithful of the Diocese of Bafia,
To the natural family of Bishop Jean Marie Benoît BALA,
To all the People of God:
10. We say to you all: Be courageous, Christ has conquered the world (cf. Jn 16:33). The Bishops bear with you the grief of this sad disappearance. Let not your faith fail! Intensify you’re your effort in the Eucharist celebrations, in the praying for your Pastors and for peace and justice in our country.
11. May Virgin Mary, Queen of the Apostles, Our Lady of Sorrows, Patroness of Cameroon, accompany us in this difficult moment of trial.
Done at Yaounde, on 13 June 2017
For the Bishops of Cameroon
† Samuel KLEDA
Archbishop of Douala
President of the NCPC

Wednesday, 14 June 2017

DECLARATION DES EVEQUES DU CAMEROUN : Suite au décès tragique de Son Exc. Mgr Jean Marie Benoît BALA, Évêque de Bafia

 Les Evêques du Cameroun se sont réunis en Assemblée plénière extraordinaire au siège de la Conférence Episcopale Nationale à Mvolyé, le mardi 13 juin 2017. A l’issue de cette assemblée, les Evêques déclarent :
 
1/ L’Eglise catholique au Cameroun vit un moment difficile et délicat de son histoire et de sa mission. En effet, au matin du mercredi, le 31 mai 2017, la voiture de Monseigneur Jean Marie Benoît BALA, Evêque de Bafia, se trouvait en position de stationnement anormal sur le Pont de l’Enfance au lieu-dit Ebebda, en direction de Bafia. L’Evêque était porté disparu.
2/ Dès l’annonce de la disparition de l’Evêque, les autorités civiles et religieuses et les pouvoirs publics descendent sur les lieux. Orientés par un étrange message retrouvé sur le siège avant-droit de la voiture, à côté de sa carte d’identité nationale et d’autres pièces personnelles, ils ont donné l’ordre aux Sapeurs-Pompiers, d’entreprendre les recherches du corps de l’Evêque au fond du fleuve. Lesdites recherches continuent jusqu’au matin du vendredi, 2 juin 2017, où la dépouille de l’Evêque a été retrouvée par un pêcheur à quelques kilomètres du Pont de l’Enfance au lieu-dit Tsang et ramenée à la berge par les éléments des forces de défense. Le corps a été identifié par Nosseigneurs Piero PIOPPO, Nonce Apostolique au Cameroun, Samuel KLEDA, Président de la Conférence Épiscopale, Jean MBARGA Archevêque de Yaoundé, en présence des autorités civiles et administratives parmi lesquelles le Gouverneur de la Région du Centre. La dépouille mortelle a été conduite à l’Hôpital Général de Yaoundé. 
3/ Le samedi, 3 juin 2017, un avis de décès et un message de condoléances ont été adressés aux fils et filles du diocèse de Bafia et à la famille naturelle du défunt par le Président de la Conférence Épiscopale et l’Archevêque de Yaoundé.
4/ A l’heure actuelle, le corps est à la disposition des autorités judiciaires en vue de la recherche des circonstances, des causes exactes et des auteurs de ce crime odieux et inacceptable.
5/ La mort tragique de Mgr Jean Marie Benoît BALA a choqué et bouleversé le Peuple de Dieu, tous les Camerounais et l’opinion internationale. *Compte tenu des premiers constats, Nous, Evêques du Cameroun, affirmons que Mgr Jean Marie Benoît BALA ne s’est pas suicidé* ; *il a été brutalement assassiné. Voilà un meurtre de plus, et un de trop*.

6/ Nous avons le triste souvenir de plusieurs autres prélats, membres du clergé et personnes consacrées qui ont été assassinés dans les conditions non élucidées jusqu’à ce jour. Pensons notamment à Mgr Yves PLUMEY (Ngaoundéré - 1991), Abbé Joseph MBASSI (Yaoundé - 1988), Père Antony FONTEGH (Kumbo-1990), les Sœurs de Djoum (en 1992), Père Engelbert MVENG (Yaoundé – 1995), pour ne citer que ceux-là. 
*Nous avons le sentiment que le clergé au Cameroun est particulièrement persécuté par des forces obscures et diaboliques*. 
A l’Etat du Cameroun,
 7/ Les Evêques exigent que toute la lumière soit faite sur les circonstances et les mobiles de l’assassinat de Mgr  Jean Marie Benoît BALA.
*Que les coupables soient nommément identifiés et livrés à la Justice pour qu’ils soient jugés selon la loi*.
*Que l’Etat assume son devoir régalien de protection des vies humaines*, et notamment celle des Autorités ecclésiastiques. 
Les Evêques attendent en outre les conclusions officielles de l’enquête.
Aux meurtriers,
*Les Evêques prient pour eux et leur demandent de s’engager dans une démarche de conversion urgente et radicale*.
*Aux hommes de médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux,
*8/ Les Evêques leur demandent de renoncer à la diffamation, aux mensonges, aux calomnies, et leur recommandent le respect de la dignité de la personne humaine, de la vérité, de la pudeur et du discernement dans le traitement de certaines informations*. 
A tous ceux qui se sont mobilisés,
Aux populations d’Ebebda et des environs,
9/ Les Évêques les remercient pour les efforts engagés dans la recherche du corps de l’Évêque bien souvent au risque de leur propre vie.
Aux fidèles du diocèse de Bafia, 
A la famille naturelle de Mgr Jean Marie Benoît BALA, 
A tout le Peuple de Dieu,
10/ Nous vous disons : gardez courage, le Christ a vaincu le monde (cf. Jn 16, 33). Vos Pasteurs portent avec vous la douleur de cette triste disparition. Que votre foi ne défaille pas. Puisez les forces nécessaires dans les célébrations eucharistiques, les prières aux suffrages de vos défunts Pasteurs et aussi pour la paix et la justice dans notre pays.
11/ Que la Vierge Marie, Reine des Apôtres, Notre Dame des Douleurs, Patronne du Cameroun, nous accompagne dans cette dure épreuve.

Fait à Yaoundé, le 13 juin 2017
Pour les Évêques du Cameroun
† Samuel KLEDA
Archevêque de Douala
Président de la CENC

Monday, 5 June 2017

Innu: Ton Peuple Sera Mon Peuple Et Ton Dieu Mon Dieu

« Ruth répondit: Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j`irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. » Ruth 1,16.


Prendre la parole ici aujourd'hui n’est pas seulement, pour moi, un honneur mais un privilège. C’est autant plus signifiant, pour moi aujourd'hui étant donné qu’il y a 50 ans ce jour-même, un 30 Mai, 1967, mon peuple a décidé de prendre son destin en main. Une démarche qui a conduit à une guerre civile qui a duré plus de trois ans, précipitant plus d’un million des pauvres gens à une mort précoce. Aujourd'hui, après 50 ans, on n’a pas encore fini de pleurer des morts et le fossé culturel créé par ce type de dialogue des sourds.
Vous pouvez donc imaginer ma joie de constater, à mon arrivée au Canada, il y a trois ans, que les gens d’ici ont accepté de mettre fin à l’histoire malheureuse des rencontres entre les peuples de la Première Nation et les restes des Canadiens. 
En réalité, je ne savais pas ce à quoi je m’attendais à mon arrivé dans le territoire innu. Mais ce que je peux vous affirmer et que je n’ai cesserais jamais de crier très haut est que mon contact avec le peuple innu m’a transformé non seulement d’une manière socio-spirituelle mais aussi psycho-anthropologique.

Saturday, 1 April 2017

We are the Church: The Pastoral Decision of a Church in the Era of Laity Empowerment

 The story of Oblates in Canada cannot be told without talking about our presence among the First Nation communities. As a matter of fact, four years after the arrival of the Oblates in Canada in 1841, Fr Pierre FISET, visited Sept-Îles, in the Northern Coast of Quebec, to meet the Innu First Nations people. Five years later, in 1850, the Oblates were charged with all the First Nation missions of the Northern Coast of Quebec, from Tadoussac to Labrador. This mission grew with time, drawing many Oblates, both Brothers and priests, to all the nooks and crannies of the vast territory of

Saturday, 4 March 2017

Retour à la Case Départ: Quand une Vacance Devient Pèlerinage

Le 27 Décembre 2016 je suis parti en mission-vacances dans ma province oblate d’appartenance et dans mon pays. Ayant fêté mon deuxième anniversaire de présence au Canada, le 21 décembre dernier, j’ai profité de l’occasion du temps des Fêtes de la fin d’année 2016 et du début de l’an 2017 pour passer un temps dans ma famille biologique ainsi que dans ma province oblate d’appartenance, le Cameroun. 
La dernière fois que j’avais passé un temps des fêtes dans ma famille biologique date de 2003, l’année que j’ai débuté mon cheminement avec les Oblats. Et ma dernière participation à l’assemblée provinciale au Cameroun date du 2010, lors de mon stage canonique. 
Parti de Montréal le 27 décembre, je suis arrivé dans ma famille, à l’est du Nigeria, le 30 décembre 2016. C’était une immense joie de retrouver les miens rassemblés pour les fêtes de la fin d’année. Passant alors d’une fête à l’autre et d’une réunion familiale à l’autre, nous avons pu voir arriver en beauté l’année 2017. Mais mon premier séjour en famille, fut de courte durée car j’ai dû partir dès le 3 janvier pour l’assemblée provinciale. 
Passant par les endroits que le groupe terroriste nigérian Boko-Haram avait déjà occupé, nous sommes arrivés à Maroua, la capitale à l’extrême-nord du Cameroun, le matin de la deuxième journée de notre voyage. Les retrouvailles furent spectaculaires car il y avait des confrères que je n’avais pas revu depuis presqu’une décennie et d’autres que je n’avais jamais rencontré.  
Pendant cinq jours, la famille mazenodienne, Oblats et les associé(e)s s’est penché pour scruter de plus près, ce que fut l’élan initial et les motivations de nos pères fondateurs, venant de la France, pour se lancer à l’aventure de ce côté de notre monde. Ces cinq jours nous ont donc permis non seulement de marcher sur leurs traces mais aussi d’évaluer ce qui reste de leurs présences au Cameroun, Tchad et Nigeria après 70 ans. 
L’assemblée achevée, je me suis mis en route, en bon pèlerin sur mes anciennes traces au Cameroun. Je suis allé, dès le lendemain, rencontrer nos 12 jeunes du Pré-noviciat à Mokolo, (une zone rouge de l’extrême-nord). Une soirée passée au milieu de ces jeunes, venant du Nigeria, du Tchad et du Cameroun m’a rappelé mes premiers pas avec les Oblats et mes balbutiements en langue française. 
Parti du Pré-noviciat, je me suis rendu à notre scolasticat international de Yaoundé. Une visite dans cette maison où l’esprit vibre et des idées se bousculent du pôle de la philosophie à celui de la théologie ne peut que rappeler à chaque visiteur ces années glorieuses de la spéculation et du début des rêves missionnaires. Au bout de ces trois jours au milieu de cette communauté composée des jeunes scolastiques et de leurs formateurs issus d’une dizaine des pays, a réveillé encore en moi un désir ardent pour la mission ainsi que pour les études. 
Du Scolasticat, je me suis rendu au Noviciat. C’est franchement là que j’ai vécu une rencontre plus approfondie. À mon arrivée, le maître de novice, qui fut aussi mon maître de novice et mon supérieur du scolasticat, m’a confié toute une matinée pour partager mon expérience missionnaire avec les jeunes. Nous avons donc pris de 8h30 à midi pour revoir ce qui fut mon expérience de la formation première et ce que je vis aujourd'hui comme missionnaire dans un contexte différent de celui de mes origines. Ce fut une rencontre édifiante pour les jeunes et surtout pour moi, qui grâce à leur curiosité, ai pu revoir toute mon expérience comme Oblat de Marie Immaculée. 
Et la fin de ces visites des maisons de formation, j’ai senti avoir fait de ce temps de vacance un vrai pèlerinage.